Il y a des auteurs chiants. Plein. C'est un truc que je n'ai jamais compris : certains auteurs sont rasoirs à mourir, écivent des textes qui emmerdent tout le monde, mais on les caresse et on les flatte dans le sens du poil.
Je ne comprends pas pourquoi, mais c'est comme ça.
Chaque fois que je pourrais, je tenterai d'élucider le mystère, mais d'ores et déjà, tentons une analyse.
Primo, le principe du petit monde. Tout univers est un petit monde. Celui de la littérature entre autre. Un petit monde d'auteurs et d'éditeurs. Et un petit monde qui revient de loin : depuis le XVIIème siècle, les Auteurs, les Gens qui Pensent et qui Ecrivent sont bien vus. Ils font des trucs avec leur tête : ils révolutionnent le monde. Alleluia !!! Le truc, c'est qu'à l'époque, si on pensait, il fallait écrire. Peu de gens pensaient, mais ceux qui le faisaient pensaient parce qu'ils écrivainet ou écrivaient parce qu'ils pensaient. En tout cas, il y avait un rapport. Vu la rareté de la Pensée (elle est toujours rare), ça valait le coup d'écrire, pour la fixer.
Depuis, il y a eu la IIIème République. La communale. Maintenant, tout le monde sait écrire. Tout le monde écrit. Résultat, dès qu'un type aligne trois phrases, il écrit, mais il croit aussi qu'il pense. Qu'il a un Message. Qu'il est un Artiste.
C'est valable en France, et à Paris ; ailleurs aussi, je l'imagine volontiers, mùais la France a une Place Intellectuelle à maintenir. Hélas, tout fout le camp. Les pensées sont devenues si maigrelettes qu'elles nécessitent plus d'efforts pour se maintenir en place que pour produire du contenu. D'où c'est tonnes d'écrivains pas forcément nullissimes, mais pas si géniaux que cela. Des gens ordinaires, cultivés, bien élevés, pourvus de relations, qui rédigent et utilisent leurs relations pour faire croire qu'ils ont de la valeur. Quand on les lit, on se dit que si lui, il est publié avec son truc, alors moi aussi je dois l'être avec le mien. Et pourquoi pas. Des bavards. Des bavards vides.
ça devrait faire rire, mais Dieu sait que ça se prend au sérieux, dans ce petit monde : le penseur est fielleux. D'ailleurs, ce n'est pas avec ses petits bras musclés qu'il va avoir du succès ! C'est avec sa petite pensée agressive, tournée vers lui, vers Paris, vers ses confrères qui lui bouffent l'espace. Une cour de récré littéraire qui tourne le dos au monde.
Moi, je lis comme une furieuse, pas forcément de bonnes choses : je lis pour me distaire, m'envoler, m'éparpiller. J'aime, ou je n'aime pas, pour des tas de raisons. Selon ma fantaisie. Et je partage. Avec vous. pas très nombreux, puisque je débute, mais j'ai bien l'intention de partager, et d'avoir des réactions.
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samedi 3 janvier 2009
mercredi 31 décembre 2008
Les vrais chiffres qui font mal
Ce post me fait rire. Il vient de là.
Edition : les vrais chiffres (qui font mal)
Les chiffres qu’on va lire vont faire jaser. Ils ne sont pourtant pas secrets. Les éditeurs les connaissent. Ils les consultent tous les jours. Les auteurs, en revanche, et leurs lecteurs, n’y ont pas accès. Le grand public peut, c’est vrai, consulter les listes des meilleures ventes, publiées dans les journaux. Mais ces listes ne sont qu’un classement, et les chiffres réels des ventes n’y figurent pas. Les palmarès sont, en outre, d’une fiabilité toute relative : il n’est pas rare qu’un éditeur passe un coup de fil pour faire gagner quelques places à un auteur. Les journaux peuvent difficilement lui refuser cette faveur : les éditeurs sont aussi des annonceurs.Alors pourquoi ? Pourquoi ce silence des éditeurs quant aux chiffres réels de l’édition ? En ces temps de rachats d’auteurs et de coups marketing, où les à-valoir augmentent alors que les ventes sont en berne, il vaut mieux, sans doute, ne pas trop faire savoir qu’on a perdu sa culotte. Quand on sait que Christine Angot a touché, du Seuil, 250 000 euros (source Bakchich), que cette maison d’édition a, en outre, très largement investi dans la publicité du livre, il est évidemment douloureux d’avoir à reconnaître un chiffre de ventes catastrophique : 15 171 volumes vendus. D’être seulement absent des listes évite au moins de devoir rendre des comptes à l’auteur en colère.
Si les éditeurs n’aiment pas communiquer leurs chiffres, c’est aussi, souvent, pour ménager leurs auteurs. Quel serait l’intérêt, pour Flammarion, «palme des bides et des millions envolés», selon Backchich, de révéler à Catherine Millet que son livre, par rapport au précédent, par rapport à l’à-valoir reçu (500 000 euros), est un flop ? L’à-valoir est payé de toutes les manières. Il suffit à l’éditeur de rester flou, tout en évoquant des ventes légèrement inférieures à l’à-valoir versé. Plus judicieux, en effet, que de froisser l’auteur, qui sera tenté de croire que l’herbe est plus verte ailleurs (c’est faux). Pourquoi Grasset, encore, irait communiquer à Olivier Poivre d’Arvor les chiffres réels dont il dispose, s’agissant de son dernier roman ? Avec 3571 exemplaires vendus, mieux vaut, en effet, étouffer le bouillon.
Voici donc la liste, arrêtée au 9 novembre, des chiffres des ventes sélectionnés parmi quelques uns des romans de la rentrée les plus médiatisés. Si elle n’est pas exhaustive (j’aurais pu citer aussi Le Clézio, Werber ou Grangé), elle est cependant impitoyable. Ce qu’on lit (ou qu’on ne lit pas) en France aujourd’hui, c’est ça. (Source Edistat, remerciements à Gilles Cohen-Solal).
Les blockbusters
Amélie Nothomb : 160305
Jean-Louis Fournier : 94728
Laurent Gaudé : 68514
Yasmina Khadra : 52695
Jean Echenoz : 42338
Catherine Cusset (avant le Goncourt des lycéens) : 31341
Ceux qui s’en tirent à peu près
Alice Ferney : 22648
Olivier Rolin : 21506
Eliette Abécassis : 19549
Régis Jauffret : 17987
Jean-Marie Blas de Roblès : 14368
Michel Le Bris : 13439
Atiq Rahimi (avant le prix Goncourt) : 12355
Mathias Enard (avant le prix Décembre) : 11471
Amanda Sthers : 10845
La grosse poisse
Bernard-Henri Lévy/Michel Houellebecq : 33925
Catherine Millet : 28469
Christine Angot : 15171
Nina Bouraoui : 6283
Claire Castillon : 5053
Nathalie Rheims : 4837
Olivier Poivre d'Arvor : 3571
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